Gérer et aménager les ressources en eau potable au Vanuatu

La station de pompage de Port-Vila

Une station qui distribue de l’eau potable à plus de 30 00 personnes…

Aujourd’hui, sur Terre la question de l’eau est devenue capitale, en effet les ressources en eau déjà inégalement réparties tendent à disparaître. Cependant au Vanuatu, petit archipel du Pacifique, l’eau reste une denrée accessible et abondante grâce au climat intertropical et à la forte pluviométrie de la région.
Quelques jours après l’ouverture du deuxième sommet de l’eau en Asie Pacifique – 19 mai à Chiang Mai) et de la fête de l’eau en Nouvelle Calédonie, dans le cadre du cours sur la « gestion des ressources terrestres : l’eau ressource essentielle » de géographie, et dans le but de s’interroger sur la thématique de l’eau à Port-Vila, la classe de Seconde du Lycée Français Jean Marie Gustave Le Clézio du Vanuatu à visité la station de pompage d’UNELCO à Tagabé.

Un forage

UNELCO est une filiale du groupe international GDF SUEZ, qui, au travers de 4 contrats de concession, produit et distribue l’eau et l’électricité dans le centre urbain de Port Vila (Efate) et de Luganville (Santo) et dans les agglomérations de Norsoup (Malekula) et Lenakel (Tanna) au Vanuatu.

Rémy Janet, ingénieur à UNELCO nous a fait le plaisir de nous faire visiter la station de pompage.

La Station de pompage d’UNELCO à été construite en 1994 et depuis ce jour elle prélève, traite et distribue l’eau pour Port Vila (avant la distribution de l’eau été assurée par les travaux publics).
L’eau de la station provient de la nappe phréatique située à deux mètres sous terre et la nappe de recharge de la rivière de Tagabé. Il existe 6 forages pour puiser l’eau.

Un réservoir d’eau de contact

Une fois l’eau pompée de la nappe elle stockée dans deux réservoirs d’eau de contact de capacité de 500m³ où elle restera très peu de temps, juste le temps d’être traîtée.
L’eau pompée est quasiment potable mais peut être porteuse de la bactérie Escherichia coli, qui donne la diarrhée et tue les nourrissons et enfants en bas âge dans les pays tels que le nôtre où les soins sont peu accessibles. C’est pour cela qu’il est important de traiter l’eau. Le traitement de l’eau se fait par désinfection à l’eau de javel à concentration très faible, du l’hypochlorite de sodium. La quantité de celle-ci est contrôlée grâce à un analyseur de chlore qui vérifie que la quantité de d’hypochlorite de sodium ne dépasse pas 0.2 à 0.3g par litre. Jusqu’en 2011 ils utilisaient des fûts d’hypochlorite de sodium tout prêts mais UNELCO à rencontré des problèmes liés à la difficulté de conservation du produit et au risque de pénurie en cas de problème de livraison…

Un électrolyseur

Ainsi ils ont investit dans des électrolyseurs et produisent eux-mêmes leur hypochlorite de sodium à l’aide de sel de mer et d’eau traversée par des électrodes. Mais ils doivent également utiliser un adoucisseur afin de baisser la concentration de calcaire. L’investissement dans les électrolyseurs à été important cependant il leur est capital car il permet une indépendance vis-à-vis de l’extérieur et la réduction partielle de leur taxe carbone, même s’ils continuent d’acheter en France leur stock de sel pour
l’année ! (Utilisation d’environ un sac de 25kg de sel par jour)

Stock de sel

La station de pompage pompe 12000 m³ d’eau par jour pourtant tout cette eau n’est pas redistribuée car une partie est perdue dans les fuites. En effet on compte environ 20% de gâchis d’eau (contre 15% en France, car il reste très difficile de contrôler toute les canalisations et toutes les fuites). Cependant un véritable effort à été mené dans ce sens car la perte d’eau s’élevait à 50% du pompage aux débuts de la station.

Eau de pluie ou eau pompée…?

Ici beaucoup d’habitants préfèrent boire l’eau de pluie plutôt que l’eau du robinet, en effet le cout et moindre et certains préfèrent son goût, plus sucré. Pourtant l’eau de la nappe est meilleure car elle contient des sels minéraux bons pour la santé, par ailleurs l’eau de pluie a pu couler sur les toits et se charger de bactéries avant qu’on ne la boive alors que l’eau de la nappe est traitée et saine.
C’est une des raisons pour lesquelles UNELCO communique régulièrement sur la qualité de son eau, afin de donner confiance aux consommateurs, souvent enclins à préférer l’eau de pluie. .

Des efforts pour protéger les ressources en eau et pour assurer une gestion durable…encore à améliorer

Afin de protéger la nappe et éviter l’infiltration de pollution, une zone de protection à été créée : dans cette zone il ne devrait y avoir aucune construction, aucun champs et ni aucune activité humaine.
La zone n’est cependant pas réglementaire, car on y trouve un petit champ d’exploitation et une route avec un passage de voitures…UNELCO accepte ces incursions dans la mesure où les cultures sont essentiellement vivrières et où les habitations sont pour le moment très confidentielles et ne polluent pas la nappe. De plus c’est à l’état du Vanuatu et non à UNELCO de s’occuper du respect des zones.

Au niveau des réserves d’eau, Unesco n’a pas énormément de visibilité sur la capacité d’exploitation de la ressource pour l’avenir.. Pour le moment sur le niveau de la nappe phréatique ne descend pas et la consommation n’évolue pas, ne présageant ainsi pas de problèmes d’eau immédiat.
Cependant UNELCO n’a aucun recul sur la situation et il n’y a pas d’étude menée sur la capacité de recharge de la nappe phréatique en cas d’augmentation de la population. Toutefois UNELCO à fait des recherches sur d’autres endroits où extraire l’eau en cas de besoin.

Par ailleurs nous avons noté qu’UNELCO possède une zone de concession réservée à Port-Vila et ne peuvent distribuer leur eau en dehors de cette zone, en dépit d’une forte augmentation des besoins en eau autour de la ville, liée à l’augmentation de la population de certains quartiers alentour. Enfin, il n’y a pas de système de récupération des eaux usées, ce qui sera très problématique si la croissance démographique s’intensifiait.

Pour finir, nous nous sommes intéressés au coût de l’eau à Port-Vila. Environ 64 vatus le mètre cube d’eau (environ 5 centimes d’euro)
Ainsi nous avons comparé les prix de l’eau d’UNELCO avec l’eau « Mineral Water », en bouteille (plus de 100 vatus le litre) et elle est dix mille fois plus chère alors qu’il s’agit de l’eau pompée dans les réservoirs d’UNELCO et embouteillés ! … L’arroseur arrosé ?

Par Salomé Arbault et Aminata Buffon – classe de seconde – Lycée français JMG le Clezio. Port Vila- Vanuatu

2 comments for “Gérer et aménager les ressources en eau potable au Vanuatu

  1. 19 juin 2013 at 18:31

    vraiment une tres bonne initiation … with all the best 🙂

  2. Lafia GOUNOUTAMOU
    24 juillet 2013 at 16:18

    C’EST VRAIMENT UNE BONNE CHOSE. J’AI ENVIE DE VOUS JOINDRE DANS VOS ACTIVITÉS AFIN DE POUVOIR GÉRER ET AMÉNAGER LES RESSOURCES EN EAU DE LA COMMUNE DE SINENDE ( PAYS:BÉNIN , CONTINENT: AFRIQUE)

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