La scène musicale à Singapour

Qu’écoutent les jeunes à Singapour ?

Singapour, étant une nation récente, elle essaye de créer et consolider une culture propre en organisant des expositions d’art et des spectacles. Les musées sont nombreux et mettent en avant l’histoire de Singapour pour faire prendre conscience aux habitants de leur identité nationale. Néanmoins, ceux qui s’intéressent à la scène musicale semblent regretter le manque d’événements et le peu de diversité qui s’offre à eux .Ont-ils complètement raison?

Les jeunes ont en effet tendance à penser que la scène musicale est divisée en deux : d’un côté, les adultes gravitent vers les événements de l’Arts House, de l’Esplanade ou du National Museum. De l’autre, les jeunes doivent attendre les grands artistes dits « paillette » comme Justin Bieber ou Rihanna qui passent une ou deux fois par an lors d’événements hyper-médiatisés comme la Formule 1. Ces derniers ont donc tendance à se sentir frustrés. En tant que jeunes, ces concerts sont-ils véritablement nos seules options ?

L’électro joue à cache-cache

Nombreux sont les jeunes qui se passionnent pour la musique électronique. Loin des sons polissés des maisons de disque, cette musique s’attache surtout à remixer des titres connus et moins connus pour proposer un paysage musical moderne et inattendu. A Singapour, beaucoup de DJs animent des événements originaux qui rassemblent souvent plusieurs formes d’art. Il vaut la peine de mentionner The Training Shed, un petit bistro qui organise un événement environ une fois par mois nommé Sunday at the Training Shed.

 Le mur de graffiti au Training Shed. Photographie, Ainoa Tanaka

Le mur de graffiti au Training Shed. Photographie, Ainoa Tanaka

Comme son nom l’indique, c’est un événement qui a lieu les dimanches à Labrador Park. Il propose « d’échapper à la jungle urbaine » et de profiter d’un après-midi avec de la musique live mixée par des DJs. Il existe aussi un mur où des artistes sont invités à faire des graffitis (voir illustrations). Tout le monde est bienvenu, même les enfants et les chiens comme précise leur site. Un événement d’un nouveau genre, original et dépaysant, à ne pas manquer !

L’indie-rock est dans “le pré”

Laneway Festival (singapore.lanewayfestival.com)

Laneway Festival. Source

Pour les amateurs de musique plutôt Indie ou Alternative, il existe des festivals annuels tels que Camp Symmetry (le 2 novembre) ou Laneway Festival (le 25 janvier). Ces derniers, qui se déroulent à Meadow at Gardens by the Bay avec la vue de Marina Bay Sands accueillent des groupes et des artistes du monde entier. Ce sont des festivals où les spectateurs peuvent s’étaler sur le « meadow » pendant toute la journée et s’approcher à la scène principale de temps en temps. Les plus connus sont par exemple Churches, Haim, San Cisco, Best Coast, Daughter ou James Blake. Ce sont des festivals qui datent de 2011, donc des événements récents et nouveaux.

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Le festival de Camp Symmetry. Photographie, Ainoa Tanaka

 

Le Hip Hop fait “Fort”

Big Wig Festival. Source: http://stcommunities.straitstimes.com/music/2013/04/02/wig-out-20-percent-discount-big-wig-festival-tickets-st-communities

Big Wig Festival. Source

Il existe également des événements pour ceux qui gravitent plutôt vers le Rap et le Hip-Hop. On pense notamment au Big Wig Festival, un festival de musique annuel qui se déroule depuis l’année dernière à Fort Canning Park. Cette année, le 6 Avril, le Big Wig Festival accueillit de grands artistes de Hip-Hop du monde entier comme The Bizarre Ride, Akil the MC de Jurassic 5 et Captain Planet.

Une session de Xypher

Une session de Xypher. Source

A Singapour, comme partout ailleurs, il existe un réseau musical moins commercialisé, plus difficile d’accès. C’est le côté plus subtil ou caché dit «underground ». On pense notamment à Xypher, un groupe de jeunes Singapouriens qui combine le Rap et parfois le Dubstep dans des séances musicales. Ces dernières durent environ cinq minutes chacune. Xypher a même lancé une série sur YouTube, où leur chaîne a plus de 800 abonnés.

Et les artistes locaux dans tout ça?

Xypher est un exemple de groupe qui, bien qu’avant un public, est uniquement connu à l’échelle locale. Ils ne sont pas seuls. En effet, nous avons consulté Jai Dzafir, le coordinateur musical d’AOR (une école musicale de jeunes à Singapour) pour avoir un regard d’un professionnel de la musqiue sur la scène singapourienne. Existe-il un raisons spécifique pour le manque de stars Singapouriennes ? D’après M.Dzafir, il existe beaucoup de musiciens extrêmement motivés, qui font beaucoup d’efforts pour se faire reconnaître, mais n’y parviennent pas pour la simple raison qu’aucun label ne veut les signer. En effet, ces compagnies craignent de ne faire aucun profit, car en général, les Singapouriens achètent très peu de musique en dehors des « tops charts » d’iTunes. Un des seuls moyens donc pour un groupe local de percer est de d’abord être connu ailleurs, par exemple en Indonésie ou aux Philippines, avant de revenir sur Singapour. Ceci très étant difficile, une vaste part du potentiel musical venant de Singapour est perdu.

Il n’y a pas de grande « star locale » à Singapour, contrairement à plusieurs autres pays de la région, tel que les Philippines, avec la «Princesse de Rock» Yeng Constantino, qui gagnât en popularité après avoir gagné Grand Star Dreamer de Pinoy Dream Academy. Elle collabore avec Academy of Rock à Singapour et est l’ambassadrice de cette école qui ouvre des branches aux Phillipines. Il y a pourtant eu des grands artistes Singapouriens tels que Dick Lee, chanteur pop, compositeur, dramaturge et juge de Singapore Idol, très connu dans les années 1970.

Pour que “ça bouge”, à nous de bousculer nos habitudes!

Nous avons constaté que le gouvernement Singapourien concentre davantage sa politique culturelle sur les pièces, les comédies musicales et les expositions destinées au « grand public » pour insister sur la notion de culture singapourienne, afin de la consolider mais aussi pour développer une forme de tourisme « culturel ».

Même si l’on continue à se demander pourquoi le gouvernement n’investit pas davantage dans la scène musicale « arty », nous constatons qu’il se déroule une multitude d’événements locaux qui foisonnent autour de nous mais qui semblent réservés aux « happy few » qui sont informés par un « réseau » d’afficionados. Finalement, on se rend vite compte qu’en cherchant un peu, sous les strass et « paillettes », se cachent des artistes engagés qui veulent donner un nouveau visage à Singapour. Donc éteignez vos écrans, sortez de chez vous, et cherchez !

Et cette scène underground, nous en sommes certains, n’a pas fini de faire parler d’elle. On fait notamment référence a The Substation, le premier centre indépendant d’arts a Singapour. Sa mission est d’encourager la recherche et l’innovation des arts en aidant les artistes et en stimulant l’interaction entre les artistes et le public en facilitant leur dialogue. The Substation propose un théâtre ‘black box’, une gallérie, un studio de danse et des salles en plus pour d’autres projets.

D’autre part, avec la construction récente du Star Theater, une vaste salle de spectacle très moderne qui accueille des artistes tel que Deep Purple et Phoenix nous pouvons penser que Singapour continuera aussi à accueillir de nombreux artistes célèbres de l’extérieur, et nous espérons, de l’intérieur.

Emma Dailey et Ainoa Tanaka 2C (Secondes, LFS, 2013)

1 comment for “La scène musicale à Singapour

  1. 19 décembre 2013 at 08:30

    c’est tres interessant de voir que les éléves de Singapour écoute le meme type de musique que les éléves du LFIP de Pekin. Merci

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