Le LFI s’implique dans la Plastic Free Seas Youth Conference

La Plastic Free Seas Youth Conference, autrement dit la « Conférence de la Jeunesse pour des mers sans plastique » a rassemblé seize écoles de Hong Kong au Science & Technology Park à Shatin (au Nord de Hong Kong), du 21 au 23 novembre 2013.

Cette rencontre était organisée par l’association à but non lucratif Plastic Free Seas, dont le but est de « préconiser des changements dans la façon d’utiliser les matières plastiques dans la société d’aujourd’hui, à travers des campagnes d’éducation et d’action », raconte sa fondatrice Tracey Read. La conférence s’est déroulée dans un cadre étonnant : un auditorium doré en forme d’œuf au milieu du centre technologique.

Chaque établissement scolaire était représenté par cinq élèves, leur mission était de proposer avant la fin des trois jours de conférence, un projet concernant l’école en lien avec la protection de l’environnement. La conférence a débuté par une vidéo intitulée « Tuons le plastique, pas la faune » projetée sur l’immense écran de la salle. Les images choquantes d’oiseaux englués dans une marée noire et de mers couvertes de plastiques laissent l’assemblée silencieuse et secouée. Viennent ensuite plusieurs intervenants, tous liés à l’environnement à Hong Kong. La première intervenante, Karen Cheung, fait partie de l’organisme Yan Oi Tong, la seule association qui recycle les matériaux plastiques à Hong Kong. Notre école collabore depuis maintenant deux ans avec cet organisme pour recycler les déchets plastiques que nous rejetons. A Hong Kong, un habitant jette en moyenne 1,36 kg de déchets ménagers par jour. Yan Oi Tong recycle six tonnes de plastiques par jour, ce qui ne représente que 0,36% de la masse totale de plastiques jetés chaque jour. Le plastique recyclé ressort ensuite sous deux formes : des flocons ou des granulés, selon le type de plastique recyclé. A l’aide de ces flocons et granulés de plastique, des objets sont recréés. Par exemple, il faut sept bouteilles en plastique pour fabriquer une veste, et le tiers d’une bouteille pour un stylo. Karen Cheung laisse ensuite la parole au Dr. Calvin Lau, le représentant du département de la protection environnementale du gouvernement. Tous les jours, sont ramassés à Hong Kong 9 000 tonnes de déchets dont seulement 1/100 est recyclé. Son intervention nous a montré à quel point l’environnement n’est pas la préoccupation majeure du gouvernement hongkongais. En effet, le Dr. Lau a évité les questions dérangeantes et n’a expliqué les actions environnementales du gouvernement que de manière très vague.

Dr. Marcus Eriksen, le troisième et dernier intervenant de la journée est venu en tant que représentant de l’association 5 Gyres. Sa particularité est de naviguer sur des bateaux entièrement fabriqués à l’aide de matériaux recyclés et de ramasser les déchets plastiques à la surface de l’eau. Après nous avoir montré quelques vidéos de ses périples sur les océans Atlantique et Pacifique, il aborde le sujet du plastique en nous expliquant sa rencontre avec Charles Moore, l’océanographe qui a rendu public le vortex de déchets dans le Pacifique nord. Cette grande zone d’ordures dans le Pacifique, invisible du ciel à cause de la transparence du plastique, est estimée à sept millions de tonnes. Les courants amènent les déchets à s’accumuler à cet endroit, qui a maintenant atteint plus de six fois la taille de la France. Plus de 267 espèces marines sont probablement affectées par cet immense amas de déchets. Le problème est le suivant : les poissons qui ingurgitent ce plastique développent des tumeurs, avec la chaîne alimentaire les hommes mangent ces poissons devenus dangereux. Nous sommes donc les seuls responsables de nos maladies selon l’environnementaliste. Le Dr Eriksen et sa femme, Anna, donnent des conférences dans les écoles pour sensibiliser le public à cette « soupe de plastique ». De cette intervention, nous ressortons changés et prêts à faire des efforts dans la vie de tous les jours pour réduire l’utilisation du plastique. La journée s’est achevée sur un goûter bio, avec des gâteaux faits maison par Tracey et ses amies.

Le jour suivant, nous revenons la tête pleine d’idées pour réduire les produits en plastique que nous utilisons au quotidien. La journée commence par une intervention de la photographe britannique Mandy Barker. Celle-ci nous présente le livre dans lequel ses dernières photographies ont été publiées : Indefinite. Son travail consiste à ramasser des déchets en plastique sur les plages pour les photographier et les transposer sur un fond noir. Cela crée un effet de pollution flottante, comme dans l’espace. Son objectif est de sensibiliser et de mettre au courant le public sur la pollution causée par le plastique. L’intervenante suivante est Lina Klauss, une artiste allemande. Cette dernière travaille exclusivement à Hong Kong, à l’aide de déchets en plastique ramassés sur les plages. Son art est éphémère ; elle créée en effet des sculptures sur les lieux où elle trouve les déchets. La collecte des déchets lui prend environ quatre heures, elle trie ensuite les débris par couleurs afin de réaliser des sculptures camaïeu. Souvent, elle demande de l’aide aux étudiants d’écoles hongkongaises pour réaliser ses œuvres. Ainsi, deux élèves du lycée français de Hong Kong se sont portés volontaires pour participer à la création d’une de ces sculptures.

Après le déjeuner, nous avions l’après-midi pour commencer à élaborer notre projet. Autour d’une table, toute l’équipe du lycée français se rassemble et au bout d’une heure de remue-méninges, nous avons une idée précise sur la forme du projet : un court-métrage dans lequel nous figurerons tous. Dans ce dernier, chacun de nous réalisera une activité liée à l’environnement. Kenza (1S) ira enquêter dans les marchés locaux pour savoir si les vendeurs ont des alternatives à l’utilisation du plastique, Annabelle (1ES) va faire des relevés dans la mer pour évaluer le taux de pollution à Hong Kong, Jean-Guillaume (Seconde) réalisera un tag géant sur une toile en ville pour sensibiliser le public et Elsa (1ES) participera au défilé de mode en portant une robe entièrement faite en plastique. A l’occasion de cette élaboration, nous faisons la connaissance d’Eric Grinda, un réalisateur de films qui est prêt à nous épauler tout comme Catherine Touzard, une spécialiste de l’environnement.

Le samedi est la dernière journée de conférence où tous les élèves doivent présenter leur projet à l’assemblée. A l’aide d’un diaporama, nous expliquons notre idée du court-métrage. Tracey semble apprécier le concept et nous demande de lui envoyer les relevés d’eau de mer pour qu’elle puisse les utiliser. Pour clôturer cette conférence, Tracey a organisé un appel Skype avec Parrys Raines, une jeune Australienne de 17 ans très impliquée dans l’environnement. Cette dernière nous explique la création de son blog Climate Girl et ses actions en Australie.

Après un discours de remerciement de Tracey, nous rentrons chez nous, en ayant appris beaucoup de choses sur l’environnement. Désormais, nous faisons la « chasse au plastique » chez nous et essayons le moins possible d’en utiliser. Néanmoins, cela s’avère plus compliqué que prévu : le tiers des objets est en plastique et il y a encore peu d’alternatives à cette matière. Notre projet devrait être prêt d’ici le mois de juin et nous prévoyons de mettre le court-métrage sur Youtube, pour atteindre le plus de personnes possible.

Elsa Polycarpe, 1ES2

Crédits photos : Plastic Free Seas/Tracey Read

1 comment for “Le LFI s’implique dans la Plastic Free Seas Youth Conference

  1. Stephanie
    11 février 2014 at 12:07

    Bravo Elsa pour cet article passionnant! Tes camarades et toi avez de tres bonnes idees! On ne va pas regler le probleme de pollution du jour au lendemain mais c’est en informant les autres et en passant a l’action que les choses vont, petit a petit, changer!

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