Les agriculteurs du dimanche à Tokyo

Anouk Aveline (4ème)

A Tokyo, on peut cultiver des légumes et des fruits même sans être agriculteur professionnel ! Dans la plus grande agglomération du monde, 60 endroits sont destinés à la pratique de l’agriculture par de simples habitants de Tokyo. Je suis allée moi-même dans un de ces endroits, dans l’arrondissement de Nerima, où se trouve un grand terrain séparé en 122 petites parcelles cultivées par des « agriculteurs du dimanche ».

Des potagers dans la ville

Dans cet arrondissement au nord de Tokyo, j’y ai rencontré Mme Kojima et lui ai demandé pourquoi elle pratiquait ce passe-temps. Elle m’a répondu qu’elle voulait produire elle-même de bons légumes biologiques. Pour seulement 30 000 yens, elle loue son terrain pendant un an, y compris les graines, les leçons sur les techniques agricoles par le propriétaire du terrain et les instruments empruntés.

D’après Mme Kojima, ses tomates sont très sucrées et leur goût est bien meilleur que celui des tomates du supermarché. Elle cultive quatorze différentes sortes de légumes au printemps : tomates, concombres, pommes de terre, poivrons, aubergines, persil, épinards, oignons, poireaux, komatsuna (autre variété d’épinards), choux, radis, maïs, petits pois. Comme son terrain est petit (environ largeur d’un canapé et longueur de deux pièces), elle est obligée d’acheter aussi des légumes au supermarché, sauf en été où presque tous les jours un nouveau légume de chaque sorte peut-être cueilli. Elle voudrait contribuer à ce que le Japon soit indépendant pour la production de légumes car 80% sont importés.

En été, Mme Kojima soit se rendre sur son terrain tous les jours pendant deux mois. Mais le reste de l’année elle n’y est pas obligée car les légumes poussent plus lentement ; elle s’y rend donc environ une fois par
semaine. Elle habite à 10 minutes en voiture de là, mais la plupart des autres agriculteurs viennent à pied en cinq minutes. Si elle vendait les produits qu’elle cultive, elle

recevrait 100 000 yens, mais elle préfère les garder pour elle ou bien les donner à ses amis. Car produire des légumes est pour elle un passe-temps, une façon de découvrir la nature. Un des cultivateurs de cet endroit a un restaurant où il se sert de ses légumes pour faire des bons plats.

Mme Kojima (à droite) dans son jardin

J’ai aussi pu interviewer le propriétaire du terrain, Igarashi-san, qui loue ces parcelles depuis 10 ans. Il a eu cette idée amusante car il est agriculteur de métier et voulait faire découvrir aux gens la nature. Une autre raison pour laquelle il loue ces terrains est la stabilité des revenus (car il sait combien il va avoir grâce aux locations, tandis qu’en agriculture on ne sait jamais si les légumes pousseront bien ou non). Mais il ne fait pas que louer des parcelles, lui aussi cultive ses propres fruits et légumes sur un autre terrain de 2000 mètres carrés. Il vend directement ses légumes. Ses locataires lui sont reconnaissants car ils se font beaucoup d’amis, mais lui aussi échange des informations et fait des voyages d’études grâce à l’association des propriétaires des 60 terrains agricoles.


M. Igarashi

Deux fois par an M. Igarashi organise des fêtes avec ses locataires, où tout le monde apporte des plats cuisinés et des boissons. Ces fêtes ont lieu en décembre et en juillet, une pour chaque récolte (hiver et été). En décembre, ils battent le o-mochi (pâte de riz)à tour de rôle. Les tanuki (blaireaux) et les corbeaux sont des risques majeurs pour les récoltes. Les tanuki se contentent de n’importe quel légume mais les corbeaux ne viennent que pour le maïs (ils savent exactement quand il va sortir).

M. Igarashi et Mme Kojima ont été très coopératifs , ils m’ont donné des informations très facilement, sans que je pose toutes les questions. J’ai beaucoup aimé travailler sur ce sujet et j’espère que la passion de l’agriculture sera de plus en plus répandue à Tokyo.

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