Un temple interdit aux moins de 18 ans

Joséphine Lasquier – 1ère ES

C’est au cœur de Bangkok, dans le quartier de Chit Lom, que l’on peut trouver le petit temple de Chao Mae Tuptim (littéralement : lieu saint de la déesse Tuptim). Il est niché entre un klong, un canal de la rivière Chao Praya, et l’hôtel 5 étoiles Nai Lert.

En arrivant à l’hôtel, un garde hoche la tête en m’entendant prononcer le nom de «Chao Mae Tuptim» et m’emmène rapidement loin de la réception et des clients occidentaux. Le nom du temple n’est indiqué nulle part, et c’est en passant par le parking de l’hôtel qu’on peut accéder au lieu saint. Sur place, le garde, gêné, se retire bien vite, me laissant seule devant une maison aux esprits.

Des offrandes originales
A première vue, rien de très extravagant, une petite maison en teck devant laquelle sont exposés du lait de coco, des boutons de lotus, des fleurs de jasmin et des bâtons d’encens. Mais ce qui fait l’originalité du temple, c’est la multitude d’offrandes appelées «lingams» entreposées de toutes parts.

Un symbole de la fertilité
Le «lingam» est un symbole phallique en Asie du Sud-Est, il est notamment adoré pour ses vertus de fertilité et attribué à Shiva, le Dieu qui féconda le monde selon la mythologie hindouiste. On le trouve également dans le fameux temple Cambodgien d’Angkor Wat.

Parmi les nombreuses statues phalliques, deux semblent se rapprocher de la silhouette d’un chien.

Des origines obscures
Afin de comprendre comment ces statues sont arrivées là, intéressons nous tout d’abord à l’histoire du temple. La maison aux esprits a été construite par Nai Lert. Cet homme très important en Thaïlande, vécut de 1872 à 1945 et fut considéré comme le premier à avoir développé  le pays économiquement. On ne peut toutefois pas dater précisément la construction du Chao Mae Tuptim.

Les esprits et le déesse Tuptim
Très superstitieux comme beaucoup de thaïlandais, Nai Lert a voulu honorer les esprits et la déesse Tuptim en leur offrant une maison. Ils étaient auparavant cachés dans l’énorme Ficus du temple décoré de banderoles multicolores. Contre son tronc, s’accumulent une cinquantaine de «lingam» de toutes les tailles, de toutes les formes, et d’une couleur rouge écarlate. Cette couleur fait référence au nom de la déesse qui signifie «grenade» en thaïlandais. On ne sait pas pourquoi les Thaïlandais qui se recueillaient ici ont commencé à entreposer ce type d’offrande dans le temple. A présent, celles qui viennent sont principalement des femmes, et elles prient les offrandes devenues idoles de leur donner des enfants.

Le Ficus sacré avec les «lingams» à ses pieds, entassés les uns contre les autres.

Un temple plus ou moins affiché
Pourtant, le temple semble à présent dévasté. A part le goyavier intact au pied de la maison aux esprits, on aurait du mal à trouver ici trace humaine, et le Chao Mae Tuptim semble avoir été caché derrière l’hôtel, comme on cacherait une croyance un peu trop choquante pour nous, les Occidentaux.

Texte et photographies Joséphine Pasquier

Lycée français de Bangkok

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