Hong Kong: In the mood for cinema

Souvent peu connu de nos sociétés occidentales, mise à part des plus cinéphiles, le cinéma hongkongais est un sujet passionnant auquel nous nous sommes intéressés à l’occasion de notre TPE (avec Jasper Gibson et Eve Bertet). Notre sujet concerne la culture de la ville dans laquelle nous vivons depuis déjà plusieurs années : Hong Kong. Nous nous sommes particulièrement penchés sur la figure du réalisateur Wong Kar Wai.

Vous pensiez que le cinéma hongkongais se limitait au kung fu ? Le réalisateur Wong Kar Wai nous prouve le contraire : inspiré par l’occident, il a créé un style particulier qui a lui-même influencer notre cinéma. Son style, occidental par son ambiance poétique, est apte à plaire aux occidentaux et j’espère qu’après cet article, vous serez vous-même poussé à regarder ses films et à découvrir ce talentueux réalisateur hongkongais.

Wong Kar Wai, réalisateur, scénariste et producteur hongkongais est né à Shanghai et vit à Hong Kong depuis 1963. Il appartient à la « nouvelle vague » hongkongaise. Ce mouvement cinématographique se rapproche et s’inspire de la nouvelle vague française. En effet, Wong Kar Wai est un grand admirateur de nos réalisateurs français tels que Godard et Truffaut. Le cinéma français des années 1960 a dépassé les frontières et est arrivé en Asie où il a fortement plu. A Hong Kong, ceux qui s’intéressent un minimum au cinéma vous parleront de notre Belmondo national avec des étoiles dans les yeux ! Pour Johnnie To, autre réalisateur hongkongais, Melville et ses films noirs ont été une grande influence. Pour Wong Kar Wai, ce fut davantage la nouvelle vague. L’ambiance très lente, poétique comme on peut le voir par exemple dans A bout de souffle, se ressent chez le réalisateur hongkongais. Ses personnages en sont également fortement inspirés.

Wong Kar Wai puise également son inspiration ailleurs. Sergio Leone, réalisateur italo-américain culte est celui auquel il doit l’utilisation récurrente des fish eye notamment. Le cinéma occidental, et français, ne sont donc pas restés dans leurs territoires, et ont permis aux Hongkongais de développer leur propre style. Rappelons également que c’est également aux Français que les Hongkongais doivent le premier cinéma. Maurice Charvet, un ingénieur français a monté le premier kinétoscope en 1897 !

Cette influence occidentale a permis à Wong Kar Wai de développer un style très particulier, assez éloigné de la comédie nonsensique et du kung fu hongkongais : un style poétique, romantique à l’ambiance spéciale. Pour vous rendre compte du style de ses films, je vous invite à regarder un extrait de son film In The Mood For Love de 2001, à partir duquel le monde prend conscience du talent de Wong Kar Wai. Histoire d’amour entre Mme Chan et M. Wan, deux voisins qui suspectent leurs époux respectifs d’avoir des aventures extra-conjugales, ce film permettra à Wong Kar Wai d’être connu mondialement. Gros plan sur les visages, ralentis, et travelling alternés entre plongée et contre plongée constituent la beauté des scènes. Les silhouettes sont gracieuses, la démarche de Maggie Cheung sensuelle. Des couleurs sombres, éclairées par des lumières et des touches chaudes nous plongent dans un autre univers. Une histoire où tout est dans le non-dit, comme cette scène de coup de foudre et de rencontre où tout se joue dans un seul et unique regard, sans contact à part un léger frôlement. C’est l’esprit du film de Wong Kar Wai, pas de « je t’aime » mais un amour qui se ressent de manière suggérée.

Par ce style assez particulier, Wong Kar Wai se démarque et devient une anomalie du cinéma hongkongais, une sorte de Woody Allen (adulé en France mais incompris aux Etats-Unis son pays d’origine), version hongkongaise. En effet, en ayant parlé aux Hongkongais, dans la rue et notamment par le biais d’un sondage, nous avons découvert que la plupart le trouvaient trop « artistique » et avaient du mal à le comprendre, privilégiant le divertissement facile au cinéma. Toutefois, cela ne les empêche pas d’être fiers de ce réalisateur, ainsi que des prix et de la renommée qu’il ramène à Hong Kong. Wong Kar Wai a un lien avec le festival de Cannes, où il a notamment gagné le Prix de la meilleure mise en scène en 1997 pour son film Happy Together, et fut ensuite président du jury pour la 59e édition. Son influence se ressent désormais sur le cinéma tout entier. Quentin Tarantino, qu’il n’est plus nécessaire de présenter, s’est en effet beaucoup inspiré du cinéma asiatique dont il est un grand amateur, et ne cesse de clamer son admiration pour Chungking Express, qu’il a distribué aux Etats-Unis. Tom Ford a également réalisé A single man, un film fortement inspiré par Wong Kar Wai. Enfin, l’influence de celui-ci se ressent dans la publicité, avec le succès de la marque Shanghai Tang dont le style pourrait être lié à celui du réalisateur. Des publicitaires comme Orange, Philips, BMW demandent régulièrement à Wong Kar Wai de réaliser leurs courts-métrages, et Shu Uemura lui a même demandé de réaliser sa propre collection. C’est un réalisateur qui connait donc un grand succès, d’autant plus si l’on prend en compte qu’il vient du cinéma asiatique, peu reconnu encore par le public mondial comparé aux blockbusters américains.

Nous aussi avons été inspirés par Wong Kar Wai, que nous apprécions d’autant plus à présent. Sans pour autant nous prétendre réalisateurs, nous avons tenté de réaliser un court-métrage, avec l’aide précieuse d’Anaïs Jamain et de Joseph Grinda. Ce court-métrage reprend une scène fameuse et le style d’In the mood for love, mais en l’appliquant au Hong Kong que nous connaissons : un lieu moderne, un mélange de culture. Une scène de rencontre, amoureuse certes, mais également une rencontre entre Hong Kong et l’occident. A vous de voir…

Annabelle Faci, Première ES2

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