Un centre carcéral accueille deux élèves

Pourriez-vous imaginer une prison ? A coup sûr, c’est le cliché du cachot austère qu’on peut voir dans les films. En réalité, c’est exactement le même monde, mais d’un autre côté. Deux élèves du Lycée Français International de Bangkok ont eu l’occasion de visiter le centre pénitencier de Klong Prem pour informer les élèves sur la vie dans un centre carcéral et sur la variabilité des peines en fonction des pays.

La prison enferme les condamnés aux peines moyennes (5 à 25 ans) et aux peines légères (0 à 5 ans). Il y a aussi une geôle pour les condamnations liées à la drogue. Quatre prisonniers français se trouvent là-bas. Leur peine variait de 5 à 25 ans.

Les détenus sont séparés en environ huit blocs. Les prisonniers de chaque bloc ne se connaissent pas forcément. Dans chaque bâtiment, il y a une routine claire : à 6h (ou 7h selon le bloc), c’est le réveil, la journée commence. Tous les détenus sortent de leur cellule.

Il y a une journée pour les visites de la famille, des amis, de l’ambassade. Les familles ont droit de 15 à 30 minutes tandis que les ambassades ont droit à une heure. C’est à ce moment que les emprisonnés peuvent demander quelque chose du monde extérieur, des livres, des médicaments. Les familles ont le droit d’acheter quelques friandises disponibles dans le magasin de la prison, une simple vitrine avec des produits en conserve à des prix supérieurs à ceux des supermarchés. Quand les captifs sont des étrangers, ils n’ont pas beaucoup de famille qui leur rend visite. Ceux qui ont des enfants, des neveux ou des nièces, connaissent la tristesse de ne pas les voir grandir.

Les repas sont fournis par l’État. Pour ceux qui préfèrent, il existe une autre solution. Les femmes des gardes de la prison préparent des plats. Pour cela, il faut payer, bien sûr. Les détenus ont droit de dépenser 200 bahts par jour (5 euros), tirés de leur compte.

Finalement, à quatre heures les prisonniers retournent dans leur cellule. La « soirée » commence. Il y a une télévision avec des chaines thaïes. Les toilettes et la douche se trouvent dans une pièce à côté.

Chaque année, le centre pénitencier organise un marché de fin d’année. Les prisonniers travaillent dans des ateliers pour créer des meubles, des objets en fer, des articles artisanaux. C’est une occasion de se faire remarquer et de présenter ses créations. Cependant, d’après un prisonnier, les captifs étrangers n’ont pas accès à l’atelier.

Entrée principale pour les visiteurs et le personnel de la prison de Klongprem

L’atmosphère est particulière dans le centre pénitencier. Cela ne ressemble pas à une prison au premier coup d’œil. Bien sûr, il y a des barbelés, la sécurité, les grilles… mais l’établissement a un air de petite ville avec ses étales, ses restaurants (un réel contraste avec l’aspect de la prison), ses petites maisons ou vivent les gardes et leurs familles. Il y a des chèvres qui se baladent, des chats domestiqués par les prisonniers. Le plus frappant est la présence des enfants. On pourrait penser à une école s’il n’y avait pas les inscriptions indiquant qu’on est bien dans un centre pénitencier. Lors de la rencontre avec les prisonniers, les bancs se situaient juste derrière une aire de jeu pour enfants. C’est d’autant plus frappant quand on voit ces enfants s’amuser en attendant leur père derrière la vitre, à côté de leur mère en train de pleurer. Un des captifs nous a dit « on recrée notre propre société, mais c’est malheureusement pas avec la crème qu’on crée cette société ».

Le but de cette visite était, dans un cadre pédagogique, d’analyser la situation des prisonniers français dans un système carcéral thaïlandais .Ce sont des compatriotes dans des situations difficiles. C’était aussi pour sensibiliser les élèves aux dangers de la drogue (car la plupart des prisonniers y sont pour la drogue en Thaïlande). Cette visite montrait aussi le travail bénévole fait par Madame de Vaulchier et Madame Simon en collaboration avec l’ambassade de France en Thaïlande. Ce sont elles qui prennent contact avec les prisonniers régulièrement et remplacent le manque de famille des détenus.

Nous voulons remercier Madame de Vaulchier et Madame Simon, pour nous avoir donné la possibilité de faire la visite, ainsi que les autorités thaïlandaises. Nous souhaitons aussi remercier Mlle Josselin pour nous avoir accompagnés et le Lycée. Nous voulons aussi remercier les prisonniers pour leur temps et leurs informations.

Astrid BENOIT, TES

Tommy MAZENC, TES

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *