Laos, une biodiversité menacée mais protégée

Le Laos est un petit pays bien peu médiatisé. Pourtant, c’est l’un des pays au monde parmi les plus riches en biodiversité. Sa faune et sa flore sont si diverses que certains spécimens ne sont même pas encore répertoriés. Malheureusement, certaines espèces sont en voie de disparition, comme l’éléphant, le gibbon noir, le léopard, le dauphin d’eau douce (aussi appelé le dauphin d’Irrawady), l’ours noir, les mygales…

Dans cette longue liste d’animaux menacés, le tigre et le saola sont ceux qui ont le risque le plus imminent de voir leur lignée s’éteindre. 2010 étant l’année de la biodiversité, la WWF (World Wide Fund of Nature, le Fonds mondial pour la nature) a construit un programme de conservation, de préservation et de repeuplement du tigre. En ce qui concerne le saola, un spécimen a été capturé récemment au Laos, peut-être le dernier. Cet événement est exceptionnel !

La préservation de ces animaux me tenant très à cœur, je suis allée rencontrer M. Roland Eve, directeur de la WWF au Laos et M. William Robichaud, responsable du groupe de travail sur le saola au Laos, ainsi que les deux jeunes ambassadrices qui ont représenté le Laos à Saint-Pétersbourg lors du sommet sur la protection des tigres qui a eu lieu du 21 au 24 Novembre 2010… avec une question en tête : réussirons-nous à sauver ces deux espèces de leur principal prédateur, l’Homme ?

La dernière « Licorne d’Asie » du Sud-Est ?

Le saola, aussi surnommé la « Licorne d’Asie », est une sorte de gazelle. Les troupeaux de saolas ne vivant qu’au Laos et au Vietnam, sa disparition aurait un impact immense sur la biodiversité des pays de l’Asie du Sud-est. Elle modifierait le cycle de vie de tous les animaux sauvages peuplant ses forêts.

Le saola a été « redécouvert » au Vietnam dans la cordillère annamitique (massif montagneux traversant le Laos, le Vietnam et le Cambodge) en 1992-1993 par une équipe composée de plusieurs membres de la WWF et de la SFNC (Social Forestry and Nature Conservation). Redécouvert ? En effet, car le saola était déjà connu des chasseurs locaux laotiens et vietnamiens, même si cette espèce n’a été officiellement répertoriée qu’en 1993.

Aucun saola vivant n’avait été vu depuis sa dernière apparition en 1999 côté Laos. Or le 22 août dernier, un saola a été capturé par des villageois laotiens au cœur d’une forêt sacrée du District de Xaychamphon. Les experts de l’UICN (Union International pour la Conservation de la Nature), une organisation internationale créée en 1948 spécialisée dans la biodiversité dans le monde, ont été envoyés sur place. A leur arrivée, les villageois leur annoncèrent que le saola retenu en captivité était grandement affaibli depuis sa capture et qu’il était mort peu de temps après.

« La mort de ce saola est malheureuse, » déclare le représentant de l’Unité de Conservation Provinciale de la région de Bolikhamxay, « mais au moins grâce à cet événement, il est maintenant certain qu’il y a une présence du saola dans cette zone et le gouvernement va immédiatement concentrer ses efforts de conservation à Bolikhamxay. » C’est le premier spécimen de saola à être entièrement conservé. Sa dépouille doit donc être utilisée par les biologistes du WCS (Wildlife Conservation Society) et du gouvernement laotien pour approfondir les connaissances sur l’espèce et tenter de la sauver de l’extinction. Croisons les doigts pour que ces recherches ne soient pas vaines !

Saola – WWF/DAVID HULSE

(image publiée avec l’accord du WWF, Laos, Vientiane)

Le tigre, bientôt plus qu’un souvenir ?

Le tigre, cet animal fascinant et majestueux, est l’un des animaux les plus rares de la planète. Vous savez peut-être que 2010 était l’année du tigre dans le calendrier chinois ? Une occasion de sensibiliser les pays à travers le monde. Il ne resterait que 3 200 à 3 500 individus en Asie, estime la WWF, contre 100 000 il y a un siècle.

Cette organisation considère que si rien n’est fait d’ici dix ans, les tigres auront disparu de la surface de la Terre. Trois cent cinquante tigres auraient disparu rien qu’au XXIe siècle dans la région du bassin du Mékong, et ce nombre serait peut-être encore sous-évalué.

Carte montrant le nombre estimé de tigres par pays ou région, ses zones connues d’habitat et les sous-espèces disparues.

(image publiée avec l’accord du WWF, Laos, Vientiane)

Résultats ? La population des tigres de l’Asie du Sud-est diminue d’années en années et certaines espèces de tigres asiatiques pourraient disparaître définitivement de la surface de la Terre. Pourquoi le tigre est-il menacé ? L’homme est son principal prédateur. Il détruit non seulement son milieu de vie mais le chasse aussi pour revendre sa peau au marché noir ou pour ses organes qui serviront à fabriquer des amulettes. Depuis peu, le tigre est aussi chassé pour ses os car sous forme de poudre, cette substance aurait des vertus thérapeutiques dans la médecine chinoise traditionnelle.

Le tigre manque d’espace. Malgré tout, il s’adapte à son nouveau milieu de vie : plaines enneigées, forêts et marécages. La population humaine mondiale augmente et grignote donc sur l’espace habitable du tigre. Plus l’accroissement démographique sera important, plus l’Homme aura besoin de place pour se construire des habitations, moins le tigre aura d’espace, et plus il a de risques de disparaître.

Centre de Réhabilitation, Petchaburi, Thaïlande. Un des deux tigres rendus orphelins par des braconniers. WWF/ Adam OSWELL

(image publiée avec l’accord du WWF, Laos, Vientiane)

Mercredi 10 Novembre, j’ai été invitée à assister à une conférence à la WWF de Vientiane consacrée aux tigres. Les deux représentantes laotiennes du Sommet du tigre en Russie ont présenté le programme de sauvegarde de cet animal. Le but principal est de doubler le nombre actuel de tigres en Asie du Sud-est et dans la partie orientale de la Russie à partir de 2010, pour arriver à six cents tigres en 2022. La WWF compte aussi protéger le milieu de vie du tigre et lutter contre le marché illégal de la peau du tigre. Le Sommet pour le tigre à Saint-Pétersbourg doit permettre aux États de valider un programme de travail sur la préservation du tigre, assurer des financements et signer des accords de coopération (en matière de douane, de surveillance…). Ce sommet mondial a réuni 13 Etats dits du tigre : le Laos, le Bangladesh, le Bhoutan, le Myanmar, le Cambodge, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, le Népal, la Russie, la Thaïlande et le Vietnam.

Si rien n’est fait, le saola, le tigre et bien d’autres animaux encore disparaîtront à jamais de la surface de la Terre. Rien ne pourra les faire revenir si cette catastrophe arrive. Nous devons réagir dès aujourd’hui pour essayer de sauver ces animaux en voie d’extinction.

Malyphone de Peyrelongue, Lycée Josué Hoffet, Vientiane, 4eA

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