Village culturel de Gamcheon

Depuis 1998, la Corée du Sud a rétabli sa position de façon spectaculaire. En effet quinzième puissance économique mondiale en 2010, elle connaît une croissance économique soutenue et demeure un modèle de développement, dont l’origine remonte aux années 1960. Outre le lourd héritage de l’occupation japonaise, puis de la guerre de Corée, l’économie coréenne a pu surmonter les défis des années 1980, la crise des années 1990 et demeurer compétitive dans les années 2000. Son développement s’étant essentiellement concentré sur la ville capitale de Séoul, le reste du pays est encore relativement marqué par son passé. Or la ville de Busan s’affirme de plus en plus dans la mondialisation, de par son port, considéré par l’AAPA (Association américaine des autorités portuaires) comme le troisième port maritime au niveau mondial tant par l’importance de son trafic que par son efficacité, mais également par son attractivité touristique.

En effet le village de Gamcheon, situé aux abords de la cité portuaire était autrefois un bidonville. L’histoire de ce village commence pendant la Guerre de Corée. D’abord construit par les populations les plus pauvres, essentiellement constitué de cabanes, ces « favelas » se sont transformées en un grand quartier artistique sous l’impulsion des résidents et artistes locaux.

Si ce village autrefois insignifiant et inconnu est devenu un incontournable de Busan c’est grâce à son détachement dans le paysage et son désir d’authenticité. En effet les peintures aux tons pastel qui recouvrent les murs de ces habitations, qui s’étendent tout au long du Oknyeobong et du Mont Cheonma, créent une atmosphère occidentale. Au belvédère du village, une vue d’ensemble permet la contemplation de ces peintures murales lumineuses qui ornent les façades des édifices. Les habitants contribuent à son économie et son insertion dans la mondialisation en vendant des œuvres artisanales telles que des objets en porcelaine ou encore des dessins qu’ils réalisent eux-mêmes. Ils gèrent également des cafés et des restaurants qui proposent une variété de plats traditionnels, propre à la culture coréenne.

De plus le village est doté d’attractions qui rendent la visite du site plus plaisante aux touristes. Une statue du Petit Prince, par exemple, qui est une figure connue à l’échelle mondiale est à la portée des visiteurs qui souhaitent prendre des photos souvenirs. La décoration de certaines rues ou murs sont quelques peu extravagantes ou surprenantes. Le village ne passe donc pas inaperçu tant par son emplacement que par son design. Il attire les voyageurs du monde entier par son dédale chamarré d’immeubles bigarrés et sa culture locale singulière.

Les touristes, qu’il s’agisse de Coréens ou d’étrangers, s’y rendent par dizaines de milliers chaque année, le plus souvent armés d’un appareil photo, pour découvrir de leurs propres yeux la grande variété des escaliers en colimaçon et les maisons colorées qui confèrent au bourg son cachet si particulier.

Ces derniers mois, néanmoins, Gamcheon, dont le nom officiel est « Gamcheon Culture Village», fait l’objet d’une attention renouvelée. Cette année, le village fait en effet partie des huit sites en Asie à avoir été choisis pour recevoir les 2012 UN-Habitat Asian Townscape Awards, qui récompensent la qualité du paysage urbain des localités sélectionnées. Décernés chaque année, ces prix, mettent à l’honneur les grandes villes et les localités qui sont parvenues à intégrer harmonieusement les espaces naturels et les espaces urbains, de même que la culture locale.

Une autochtone dans son habitat, qui s'occupe de ses occupations ménagères et ne se souciant pas des touristes

Une autochtone dans son habitat, qui s’occupe de ses occupations ménagères et ne se souciant pas des touristes

Dans le cadre de projets actuellement en cours et les récentes initiatives, un petit musée, une galerie d’art, des restaurants, de même qu’un site dédié à la photographie devraient ouvrir leurs portes, tout comme la création d’un nouveau centre communautaire, l’ouverture d’un café géré par la collectivité, ainsi que la création d’un journal, ont été qualifiées de réalisations majeures.

Cependant, en dépit de cette insertion croissante, le petit village de Gamcheon révèle un certain contraste en ce que le niveau de vie qu’il offre aux autochtones est faible, malgré son assomption dans le monde du tourisme.

Delphine De Castelbajac (Tle L) et Marie Lollier (Tle ES)

 

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