« La mémoire déchirée de Maurice Zelty »

« La mémoire déchirée de Maurice Zelty »
Avant première mondiale à l’ambassade de France de Tokyo

Le 30 octobre, aux environs de 19h, débute la projection de « La mémoire déchirée de Maurice Zelty » dans l’atrium de l’ambassade de France à Tokyo.. En arrivant, j’ai du mal à trouver un siège : en effet, près d’une cinquantaine de personnes s’étaient déplacés pour assister à l’avant première mondiale du documentaire de José Ainouz. Le réalisateur avait lui aussi fait le déplacement dans le cadre du tournage de son prochain documentaire sur le Japon.
Après une courte introduction du président de Français du monde-ADFE Tokyo, le réalisateur lance lui même son documentaire. Pendant, près d’une heure, nous sommes transportés au gré de la voix de Maurice Zelty, un homme de confession juive ayant connu la 2nde Guerre Mondiale et le régime de Vichy. Il nous conte son histoire accompagné par des plans tournés par M. Ainouz ainsi que de dessins de Koichi Iguchi, dessinateur japonais, qui affirme à juste titre que ses dessins permettent d’alléger, de mettre à distance, ce récit terrible que nous conte Maurice Zelty. En effet, son histoire est à la fois terrible et passionnante. Orphelin très jeune, le petit Maurice est séparé de ses frères et sœurs et part vivre seul chez une tante. Lorsqu’il atteint l’âge de 8 ans, le régime de Vichy fraîchement instauré après l’invasion allemande, ordonne aux juifs de porter une étoile à la poitrine, en guise de signe distinctif. M. Zelty nous explique alors que le jour où il arriva à l’école avec cette étoile brodée sur son manteau, les enfants de son âge qui étaient auparavant ses amis l’insultent et une bagarre générale éclate entre les enfants juifs et les non-juifs. Quelques temps après cet évènement, la situation devenant de plus en plus complexe, son frère Charles, engagé dans la Résistance, vient spécialement de Lyon pour l’emmener avec lui, en zone libre. Mais trop occupé par ses actions résistantes, Charles décide de confier Maurice au Mouvement National Contre le Racisme (MNCR) qui va le placer dans une famille d’agriculteurs catholiques volontaires, les Roux, habitant le nord de la Haute-Savoie. Malgré leur volontarisme, ils ne savent pas que le jeune garçon qu’ils vont accueillir est de confession juive, et c’est pour cette raison que Maurice va toujours refuser de se montrer nu, pour ne pas que la famille découvre son secret. Mais Rose Roux, la mère de famille, lui avouera plus tard qu’elle avait deviné sa confession juive ce qui l’émut beaucoup, conscient que les Roux l’avaient tout de même gardé malgré sa confession juive et risqué dans le même temps leur propre vie.

Quelques années plus tard, Maurice retrouve son frère Charles, qui, pendant son séjour dans les Alpes, avait été torturé et déporté. C’est son frère qui, au bout d’une dizaine d’années, va convaincre Maurice de raconter son histoire partout où il le pouvait, pour sensibiliser les générations futures et faire en sorte qu’un tel génocide ne se reproduise plus… Pour plus de détails, je vous incite vivement à aller voir par vous même ce documentaire très émouvant. 20h20, la projection se termine et le temps des questions vient. Les questions tournent principalement autour de la vie de M. Zelty et de la relation du réalisateur avec ce dernier. José Ainouz nous a décrit la forte relation humaine qui l’a uni à Maurice Zelty, mélangeant l’amitié, à l’admiration en passant par le respect. M. Ainouz a même considéré Maurice Zelty comme un membre de sa famille, un oncle plus précisément, ce qui souligne réellement la force de cette belle relation. Mais, curieux d’ouvrir le sujet sur l’actualité, je demandais à l’historienne, spécialiste de la Shoah présente aux côtés de  M.Ainouz et de M. Iguchi, Mme. Kathy Hazan, si ce système mis en place par le MNCR ne pourrait pas être appliqué en ce moment avec les enfants réfugiés venant d’Afrique centrale ou de Syrie. Elle m’informait que des associations, issues justement de ses mouvements solidaires de la Seconde Guerre mondiale, s’occupaient de la question des migrants mais que ce modèle d’hébergement chez l’habitant était très peu répandu dans l’Hexagone et en Europe en général. Elle ne m’a pas donné de raison particulière mais j’émettrais l’hypothèse que l’opinion publique française est peut-être de plus en plus hostile à l’immigration… J’ai trouvé ce parallèle avec la situation actuelle très intéressant et j’aimerais terminer cet article sur cette ouverture. Je vous incite donc vivement, vous lecteurs de cet article, à regarder ce beau documentaire, qui nous montre le parfait exemple de la solidarité humaine face à la barbarie…

Léo Couchot – 1ère S1

Liens et source des photographies : memorialdelashoah

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