À la rencontre d’une expérience inoubliable

Dans le cadre de l’enseignement d’exploration Littérature et Société, les élèves de 2nde du LFI Duras sont partis au centre nord du Vietnam dans le parc national de Pu Mat, à 120 km de Vinh. Ce voyage pédagogique a pour but de faire découvrir de nouvelles cultures, celles des populations montagnardes du Vietnam, mais encore vivre dans un environnement autre que celui de la ville et accomplir des actions humanitaires.

Aéroport Tan Son nhat, Ho Chi Minh ville, le lundi 2 avril au matin, décollage pour Vinh. Une fois arrivés, nous prenons un minibus en direction du Parc national de Pu mat. Sur la route, nous découvrons les immenses rizières verdoyantes, où s’érigent de nombreuses montagnes karstiques typiques de l’Asie du Sud-Est qui se détachent dans un ciel dégagé.

Dans le village de Nua, commune de Yên Khê, 7 heures du matin, la température est de 10 degrés inférieure à celle de Saigon. Le silence de la campagne règne à notre réveil. La brise fraîche provenant des montagnes remplit nos poumons habitués à la pollution de Ho Chi Minh ville. Nous découvrons un paysage totalement différent de celui de la métropole du sud du Vietnam, avec des arbres immenses et touffus, de nombreuses collines, le bruit des criquets qui a remplacé celui des motos bruyantes et incessantes. Dans la commune de Bông Khê se trouve la montagne de Ba Hoang.

Nous marchons sur le sentier boueux et cabossé de la jungle, les épaisses branches et feuilles nous ralentissent et nous nous enfonçons sans vraiment savoir où nous allons; faisant aveuglément confiance au guide. Nous le suivons avec difficulté alors que, chaussé d’une paire de sandales en plastique bon marché, il se faufile aisément dans cette flore luxuriante. Par la suite, nous trouvons une magnifique cascade nommée Thác Kèm où l’eau chute à plus d’une quarantaine de mètres. Nous en profitons pour nous baigner sous le regard amusé des Vietnamiens qui mangent leur repas sur un rocher voisin. L’eau gelée s’écoule, s’enfonce dans la forêt avant de se jeter dans la longue rivière Ca qui traverse la province avant de se transformer en fleuve et de rejoindre la mer de l’Est. Elle accueille également les bœufs et les buffles qui s’y baignent pour se reposer .

Le lendemain, le même paysage s’offre à nous avec, pour fond sonore, le bêlement des chèvres et, comme une odeur végétale apportée par la brise fraîche des montagnes. Au bord des routes, les femmes préparent le petit-déjeuner avec des légumes frais de leur potager dans leur cuisine extérieure improvisée. En attendant, chez nos hôtes, la grand-mère lave sa petite fille dans un récipient en fer tout juste assez grand pour elle. Les familles sont déjà levées, profitant de la fraîcheur du matin. Nous arrivons à l’embarcadère et sommes répartis sur quatre bateaux différents, équipés d’un gilet de sauvetage et accompagnés de deux guides par barque. Le paysage se décrit en un mot : “époustouflant”. Nous parlons très peu, rendus muets par ce cadre bucolique. Nous découvrons en plein milieu de la jungle après deux heures passées sur la barque en bois peu agréable, un village nommé Tha Lai, situé dans la commune de Mon Son, complètement isolé. Le village voisin le plus proche est celui dont nous venons. Il est silencieux et paraît presque inhabité. Nous suivons le chemin en terre battue qui nous mène vers des habitations étroites sur pilotis faites uniquement de bois. Au bout d’une vingtaine de minutes à peine, nous terminons le tour du village, regardant les femmes qui s’occupent de leurs nombreux enfants sortis de l’école à dix heures (photo 4). Et dire que nous nous plaignons constamment de finir les cours tard ! À ce moment- là, nous n’avons rien dit. Après cette visite marquante, nous prenons le même chemin qu’à l’aller. Plus d’une fois nous pensons tomber dans l’eau ou nous cogner, car malgré l’eau fraîche et douce, le courant fort nous emmène tout droit vers les rochers. En effet, une des barques se fracasse violemment sur un rocher contre lequel la proue en bois se casse en deux. Une frayeur qui se termine en rigolade !

 

Nous avons tous vécu un moment inoubliable. Pour certains, c’était une première expérience alors que pour d’autres non, mais nous garderons tous un très bon souvenir de ce voyage pédagogique. Ce séjour nous a permis d’explorer de nouvelles cultures, de découvrir le mode de vie des populations montagnardes, leur histoire, comme celle des treize jeunes femmes volontaires tuées lors d’un bombardement pendant la guerre du Vietnam, le 31 décembre 1968.

 

Mais pas seulement. Nous avons aussi partagé d’innombrables éclats de rire, l’attaque constante des piqûres de moustiques, la fatigue après de longues randonnées. Nous avons appris à vivre ensemble et à mieux nous connaître. Ce voyage comblé de moments remarquables restera à tout jamais gravé dans notre mémoire.

 

Marie Tran-Molko et Cécile Michel

 

 

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