Visite des ateliers artisanaux du grand palais de Bangkok

Notre classe de 5°A a découvert les coulisses du Grand Palais de Bangkok sur les berges du fleuve Chao Praya. Ces ateliers de peinture, nacre, sculpture, fabrication de masques de théâtre, sont normalement fermés au public. Nous avons observé différentes techniques artisanales traditionnelles destinées pour la plupart à la décoration de temples ou à la fabrication d’objets d’apparat.
C’est l’aide précieuse de Khun Anne qui nous a permis d’obtenir un laisser passer et surtout de comprendre les explications des artisans. Certains élèves aussi ont mis la main à la patte pour traduire déclarant que « C’était embarrassant » (Alain). M. Villien et M. Ury-Petesch, professeur de technologie et de musique, ont pris les photo de la sortie, organisée par Mme Cassier, professeur de français, qui souhaitait faire remarquer à ses élèves que les techniques artisanales aujourd’hui en pratique en Thaïlande avaient encore un lien étroit avec celles pratiquées au Moyen-Age pour l’enluminure des manuscrits médiévaux.

L’ATELIER DE NACRE

La nacre est le revêtement intérieur de certains coquillages. On doit aller les chercher à environ quinze mètres de profondeur sous-marine.
En Thaïlande on ne trouve plus de coquillages nacrés, ils sont importés de pays voisins. Un objet nacré peut être très long à la fabrication : il faut choisir la nacre, décalquer le motif sur une feuille, y coller la nacre pour ensuite en limer chaque petit bout puis les assembler, y faire couler de la laque (de plus en plus rare et très chère quand elle est naturelle) et laisser sécher plusieurs mois. Pour réaliser un “tableau” comme sur la photo il faut par exemple 200kg de coquillage ; il peut coûter dans les 2000 €.

Atelier nacre, PhotoJ.P. Ury -Petesch

L’ATELIER DES MASQUES THÉÂTRAUX

Les masques ont toujours été un décor essentiel du théâtre thaïlandais qui représente la vie du Rama Kien (la version thaïe du Ramayana) depuis des siècles. Mais comment obtient-on de telles merveilles ?
Il faut premièrement étudier pendant un an non seulement la physionomie et les attributs de chaque personnage mais aussi les techniques artisanales. Cela prendra ensuite un mois de fabrication entière pour le maitre, et un an pour l’apprenti.

Atelier masques, Photo M. Villien

Quant à la fabrication, elle nécessite un mélange de papier mâché et de colle afin de fortifier et assouplir la pâte. Le tout est à mettre dans un moule aux traits des différents personnages de la pièce. Laisser sécher le tout pendant environ trois jours. Décoller au bout de ce temps le masque de son moule. Alors, ne resteront que les contours du futur masque.

Un étal de masques d’apparat, Photo M. Villien

Il faut ensuite le peindre et/ou le décorer de feuilles d’or. Pour certains personnages, des détails extérieurs, tels que des couronnes ou des cornes seront ajoutés et seront travaillés. Les masques sont ensuite repartis en deux catégories : les masques de collection et les masques qui seront utilisés pour le théâtre.

L’ATELIER DE PEINTURE

Tout d’abord un artisan de l’atelier nous a présenté la fabrication des couleurs utilisées pour leurs peintures.
Le tableau que vous voyez ici-bas a été entièrement réalisé grâce aux couleurs qui se trouvent en-dessous et qui sont totalement naturelles (oxyde de carbone, coquillages ou grains de café broyés…) auxquelles on a ajouté plus ou moins d’eau.

Peinture et couleurs, Photo M. Vilien

Nous entrons ensuite dans la salle où les gens peignent. C’est une salle assez grande où beaucoup de personnes manient le pinceau. Il n’y en a pas deux dans la même position, ce qui est assez rigolo.

En fait, tous les gens qui peignent ici sont des étudiants qui veulent faire une carrière dans l’Art. Mais, avant tout, ils doivent recevoir une formation ici, au Grand Palais, pour ensuite obtenir un certificat qui leur permettra de faire leurs propres peintures. Mais pour l’instant, les œuvres qu’ils doivent réaliser sont choisies par leur professeur. A chacun son niveau, à chacun sa peinture.
D’ailleurs peindre n’est pas la seule chose à faire dans cette salle, les élèves, avant de peindre, doivent dessiner leur scène du Ramayana (les aventures du Prince Rama). Puis vient la peinture où les élèves disposent d’un matériel assez contemporain (mis à part les couleurs).

Etudiant au travail, Photo M. Vilien

Une des grandes difficultés dans la peinture thaïe est qu’il y a énormément de petits détails. On ne remet jamais en question le fait de laisser des bavures sur la peinture ; une tâche, et tout est à recommencer sachant qu’une peinture prend environ deux mois (si on ne fait pas de fautes). Enfin vient l’étape la plus délicate où l’on pose de toutes petites feuilles d’or qui sont à peu près 14 fois moins épaisses que des feuilles A4 par exemple. Il faut alors être très délicat et mettre la colle exactement aux bons endroits. Enfin, on laisse reposer et la peinture est terminée ! Les peintures peuvent ensuite être gardées, vendues ou exposées.

E. Belloteau, Lulu, J. Gal, A. Simon, M. Chaplain, E. Fournet-Fayard, L. Bricout, A.Boissier, A. Apichat, D. Le Bourhis, L. Gaudet

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