John Burdett, un artiste-artisan

Nous avons eu la chance au Lycée Français International de Bangkok d’interviewer l’écrivain John BURDETT à l’occasion du lancement de la radio du lycée. L’ambiance était détendue, nous avons rencontré quelqu’un d’ouvert qui nous a expliqué son quotidien d’écrivain sous différents aspects.

Qui est-il ?

John Burdett est un écrivain Britannique. Il s’exprime couramment en français grâce aux années passées en France en compagnie de sa femme. Sa fille, maintenant âgée de 12 ans ne parle pas français mais apprend le Thaï comme deuxième langue. Nous lui avons demandé si elle lisait ses livres, question à laquelle il a répondu par la négative, en précisant qu’il préférait attendre avant qu’elle n ‘entame son premier roman.  John Burdett voyageait beaucoup durant sa jeunesse, c’était une activité qui l’obsédait, le passionnait. Mais petit a petit, le goût du luxe a remplacé celui de l ‘aventure.

Après ses étude en Angleterre, John Burdett est devenu, par opportunisme, avocat a Hong Kong. Ce métier ne collait ni a ses goûts, ni a ses envies. C’est pour cette raison qu’il décide de changer de voie et d’écrire des romans policiers. Ce nouveaux métier lui laisse beaucoup plus de liberté. John Burdett a besoin de calme et de tranquillité pour écrire, c’est pourquoi il a choisi de changer d’environnement et de s’installer en Thaïlande, pays qu’il affectionnait particulièrement. Deux livres ont précédé sa quadrilogie sur Bangkok.

Une percée dans l ‘Univers de John Burdett

John Burdett est un perfectionniste. Il prend une période moyenne de 18 mois pour écrire chacun de ses ouvrages. De par son travail, son emploi du temps reste léger. Il préfère écrire le matin de bonne heure, de 3 à 4 heures par jour, là où il se dit en éveil, apte à écrire le mieux. Ses sources d’inspirations sont principalement issues de son expérience personnelle. Après l’écriture de chaque brouillon de paragraphe, il l’envoie à son éditeur principal, aux États-Unis, qui lui donne ensuite des conseils dans le cas où le passage est rejeté, mais jamais d’ordres. Les brouillons font normalement l’objet de trois échanges entre les deux hommes avant de pouvoir continuer l’écriture.

La trilogie sur Bangkok

Les histoires, purement fictives qu’il nous présente ont toujours un coté réaliste de par le décor utilisé et les personnages : des filles de bars, des policiers corrompus, des mafieux, un Bangkok glauque et sinistre. Tous ces éléments provoquent un univers hostile mais intrigant, mystérieux, surement la clé de son succès. Ça, plus le mélange de cultures qu’il se plait à provoquer. Son style d’écriture et son choix des mots en particulier sont les principales traces restantes de son ancien métier d’avocat. La précision du vocabulaire ne l’a pas quitté.

En coulisses

John Burdett nous a dit qu’il vivait de son métier d ‘écrivain – des recettes que lui rapportent la vente de ses livres- malgré la difficulté de cette activité qui ne lui procure pas un salaire fixe. Il s’adapte aux goûts du public, aux tendances du moment, à ce que les gens désirent acheter. Cette technique s ‘avère payante d’après le succès de ses livres sur la Thaïlande.« Il ne faut pas être trop spécialiste, ou trop artiste car les livres auront moins de chance à être vendus », nous a confié John Burdett.

Les livres de John Burdett sont traduits dans 25 langues et rencontrent un grand succès a travers le monde, hormis en Thaïlande, où ils ne sont pas traduits. Les femmes thaïlandaises qui ont lu ses romans, parlent l’anglais et/ou sont, dans la plupart des cas, mariées à des anglo-saxons. Elles ne sont pas contrariées par les images que Burdett donne de la Thaïlande mais au contraire, semblent trouver les relations entre les Thaïlandaises et les Occidentaux « comiques ». J. Burdett doit trouver un nouvel éditeur dans chaque pays afin de faire la promotion de ses ouvrages. Certains livres ont reçu des propositions d’adaptation cinématographique. En effet, des compagnies achètent des « options » pour pouvoir adapter ses livres librement ; l’auteur perd tout contrôle et n’a plus aucun mot à dire. Si les compagnies n’arrivent pas à concrétiser le projet dans un délai de dix-huit mois, l’option leur est retirée, ce qui s’est déjà produit à trois reprises. J. Burdett nous a avoué avoir eu des difficultés à trouver un éditeur qui le comprenne. Il l’a finalement rencontré a New York, c’est un indien qui grâce à ses origines arrive a comprendre la mentalité asiatique,l’optique des livres de l’écrivain anglais.

Anlipria BOGDAN, Sarah VINCENT, Nicolas FAUCHERAND, Kevin BELIAUD et Michel LANGLOIS, classe de 2nde

Photographies J. Burdett, avec son aimable autorisation

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