Singapour, gérer une métropole grandissante

Par Mathilde Dessale (2nde C)

Photos : Auxane Lebris (seconde C)

L’URA (Urban Redevelpment Authority) de Singapour a été construit il y a 45 ans. Son but est de gérer le développement urbain effréné de Singapour. Dans ses locaux, une maquette géante de cette ville permet de visualiser l’extension spatiale de la ville et les prévisions d’aménagement. Comment gérer cette métropole grandissante au slogan « Live, Work and Play » soit « Vivre, Travailler et S’amuser »? Quels sont les enjeux ?

Aujourd’hui, Singapour est une ville en pleine croissance urbaine. Alors qu’elle regroupait seulement 12000 habitants en 1826, puis 77000 à la fin du XIXe siècle, on compte aujourd’hui 5 millions d’habitants à Singapour pour une densité de 6500 hab / km2.

La population est composée de 73% de chinois, 13% de malais et 7 % d’indiens. Les Singapouriens habitent en grande majorité des HDB, mais certains habitent des résidences comme les condominiums, ou d’autres les anciennes maisons appelées « Black and White ».

Malgré une petite superficie, la ville rayonne et tient une place de métropole de rang mondial. Son port est un des ports les plus dynamiques du monde avec chaque jour 600 bateaux transitant par Singapour. Son aéroport, n°1 mondial et véritable « hub » régional, reflète également la situation stratégique de Singapour : on y accueille 100 000 passagers par jour.

Singapour est donc un pôle attractif à l’échelle mondiale et régionale. Cette « cité-Etat » doit gérer son extension spatiale stratégiquement pour répondre à plusieurs objectifs :

  • gérer les flux d’hommes et de marchandises tout en respectant l’environnement
  • assurer un parc de logements de qualité et abordables financièrement
  • continuer de garder son rang de métropole mondiale en assurant une offre d’emplois à ses citoyens.

A Singapour, 19% de l’espace sont consacrés à l’habitat, 19% pour l’espace de travail, 22% pour les infrastructures, 20% pour tout ce qui concerne les loisirs et 20% pour le reste.

La ville fait face à un problème majeur : le manque d’espace. Singapour prévoit d’accueillir encore 1,5 millions d’habitants sur ses 700 km² dans les 10 prochaines années. L’île choisit alors la construction de terres-pleins.

Pour assurer un bon fonctionnement de ces espaces urbains, les transports sont très bien organisés : métro « MRT », des bus, des taxis, et des systèmes de péage automatiques comme les ERP (Electronic Road Pricing) permettent de contrôler la circulation et d’éviter les embouteillages lors des migrations pendulaires. La ville tente de fluidifier le trafic en incitant l’utilisation des transports en commun ou en augmentant le prix des courses de taxi. On compte une voiture pour dix familles contrairement à la majorité des villes développées où on en compte une ou deux par famille. Les taxes imposées par le gouvernement au moment de l’achat d’une voiture sont exorbitantes ce qui limite le parc automobile et limite la pollution automobile.

Le CBD (Central Business District) c’est à dire le centre des affaires de Singapour, encore en développement, est situé au Sud de l’île. Il est le reflet d’une « ville-monde » dynamique au cœur de la mondialisation. Le gouvernement veut faire de ce quartier un espace de travail, de loisirs.

La ville commence à dessaler l’eau de Marina Bay (espace autour duquel se développe le CBD) grâce à un barrage pour créer un réservoir d’eau potable. Cette grande réserve d’eau douce ajoute un réservoir d’eau nécessaire à la population et une aire de récréation agréable. En effet, l’eau est un problème important : L’approvisionnement en eau de Singapour dépend de la Malaisie.


Maquette de Singapour : Le futur CBD

De plus, le paysage de la ville est pensé (canalisations enfouies, et voies navigables curées). L’architecture est aussi maîtrisée; par exemple le « Marina Bay Sands » est un immeuble à l’architecture très originale et aux multiples fonctions (travail, casino, hôtel…). Juste derrière le « Bay South Gardens » sera une réserve botanique de 54 hectares où de nombreuses espèces végétales du monde seront regroupées.

L’Etat oblige également à garder le patrimoine historique architectural tout en continuant de construire une ville très moderne et attractive. La ville doit en effet conserver les « shophouses » ou les anciennes maisons coloniales appelées « Black and White » du XXème siècle. La préservation du patrimoine associée à un maintien d’une bonne fonctionnalité de la ville permettent la retenue quelques jours de plus des touristes, souvent en transit à Singapour. L’île « récréation » de Sentosa permet aussi de retenir les touristes : un Universal Studio et un casino ont ouvert en Mars 2010.

Enfin, pour le logement, la population peut se loger à prix raisonnable grâce aux HDB, les logements sociaux dits « Housing and Development Board » qui font aujourd’hui partie du paysage de Singapour.


Le plus grand HDB de Singapour au 1er plan (maquette URA)

Ils sont nés avec le PAP (People’s Action Party) de Lee Kuan Yew après 1965. Ces logements sont généralement des propriétés privées, et permettent à la population d’acquérir un bien immobilier facilement. Ce fut donc un objet de tremplin économique et surtout social pour les Singapouriens.

Ainsi, Singapour est une ville rayonnante qui ne fait que s’agrandir : c’est une métropole grandissante mais qui subit des défis dignes de ceux d’une ville monde.

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