Pour la francophonie, en route pour Paris !

Complice, accueillant, agapes, réseauter, cordée, fil, harmonieusement, main, avec, cœur… Dix mots , vingt-trois élèves, trois professeurs et beaucoup de volonté …
Nous voilà en route pour Paris, à l’Institut de France reçu par M. Luc Chatel, le Ministre de l’Éducation nationale, et Mme Anne-Marie Descôtes, la directrice de l’AEFE.
Comment cette aventure a-t-elle commencé ? Le jour où Ben Laden est mort, nous étions en voyage scolaire au Vietnam. Un soir, alors que nous dînions, notre professeur principal, M. Degos, est venu vers nous avec un air joyeux il nous dit avec joie « Les enfants…j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer. » « Ben Laden est mort !!! », ont crié Nicolas et François.
Non pas du tout, nous avions fini troisième au concours de la francophonie « Dis-moi dix mots » ! En effet, la classe de troisième du Lycée Josué Hoffet de Vientiane a participé à ce concours basé cette année sur le thème de la solidarité.
Nous avons voulu montrer dans notre projet de classe, nos recherches, et l’écriture de nos textes : poèmes, lettres, reportages, que la solidarité n’était pas une valeur abstraite, mais qu’elle prenait forme dans des actions équitables et justes, organisées par des associations ou des entreprises dans le pays où nous vivons.
Sur le moment, nous n’avons pas saisi l’ampleur de la chose. A notre retour à Vientiane notre professeur de Français, Mme Bilavarn, nous a annoncé que deux élèves iraient représenter la classe pour la remise des prix à l’Académie française.

Les brillants lauréats devant l’Institut de France

C’était le suspense total ! Qui allait avoir le privilège de partir en France ? M. Nespoulous, le Proviseur, nous a finalement annoncé que cela serait nous, Nicolas Viretto et Vithida Chanthaphasouk. L’étonnement était au rendez-vous et quelle fierté de pouvoir représenter notre classe. Et nous voilà en route pour Paris !

Premier jour, mercredi 18 mai


Nous qui sommes habitués au climat tropical du Laos, nous sommes arrivés frigorifiés à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. Dix-sept degrés dehors, quel froid ! Après avoir récupéré nos valises, nous sommes enfin sortis de l’aéroport à 8h. Nous sommes montés dans un bus en direction de la gare Montparnasse. Nicolas, épuisé, s’est endormi sur la banquette alors que moi, j’écoutais en boucle l’affaire du moment en France : DSK arrêté. Nous faisions la queue pour acheter nos billets de métro. C’est après une bonne quinzaine de minutes que Mme Bilavarn s’est rendue compte que c’était la mauvaise queue. Comme je m’ennuyais, je me suis mise à faire peur aux petits enfants qui passaient par là. Nous avons alors tenté notre chance à un autre guichet, où nous avons fini par pouvoir acheter nos billets de métro ! Après un court trajet en métro, nous achetons des tickets de bus. Mais le seul problème est que l’arrêt de bus se trouve à quelques centaines de mètres et que nous avons nos valises en mains. En plus de cela, il a fallu gravir une pente de cinquante mètres avec nos valises si lourdes. Nous prenons le bus en direction de Sèvres. Une fois à Sèvres, une femme inconnue nous accoste car elle a deviné que nous allions au CIEP, le Centre International d’Études Pédagogiques, où nous allons loger avec les autres lauréats. Nous trainons encore nos bagages jusqu’à l’allée des roses menant au CIEP. En fin d’après midi, suite à un repos bien mérité, nous nous rendons à la tour Eiffel où nous avons rendez-vous avec des amis de Mme Bilavarn. Son amie professeur de sciences nous a montré les fossiles encastrés dans les murs d’un bâtiment près de la tour Eiffel. On en a fait le tour pour observer les minuscules fossiles. La longue file d’attente pour monter à la tour Eiffel et la fatigue du voyage s’accumulant, nous renonçons provisoirement à visiter ce monument incontournable de Paris !

Deuxième jour, jeudi 19 mai


Voilà la journée tant attendue, celle de la remise du prix à l’Académie française ! Très tôt le matin nous nous sommes habillés, Nicolas portait son costume et sa cravate, un véritable homme d’affaires ! Moi, j’avais une jupe laotienne appelée sinh et le haut en soie pour représenter au mieux mon pays. Quand notre professeur est venu nous chercher, nous avons eu très honte de notre accoutrement une fois dans la salle à manger. Nous étions les seuls en costume ! Notre professeur accompagnateur a eu droit à de longues plaintes de notre part. La pauvre, elle était exaspérée ! Mais elle s’est resaisie et grâce à ses multiples consolations, nous avons été rassurés. Quel soulagement ! En effet, les Malgaches ne se sont pas présentés déguisés en homme ou femmes d’affaires car, d’après leur professeur, ils étaient encore des enfants : elle avait peur qu’ils se salissent ! Mais cette réplique était peut-être une blague puisqu’ils sont réapparus vêtus d’un costard pour Monsieur et de belles robes pour les Demoiselles.
Les deux représentants de la Tunisie étaient aussi présents, ils étaient très bien habillés mais la représentante de la classe ne se tenait pas très bien à table, peut-être était-elle trop excitée. Du coup, sa tasse de lait s’est renversée sur sa belle robe de soirée !
Nous partons ensuite tous ensemble pour l’Institut de France où siègent les « Immortels » !!!!!

Interview exclusive des deux représentants de la classe de 3ème du Lycée Hoffet

Dès nos premiers pas dans cette belle bâtisse protégée par une vaste cour, notre attention a été happée par les sons et les flashes des journalistes !!! Éblouis par la lumière vive de la salle et les flashes, nous avons eu un peu mal au yeux ! Tout le monde nous observait, peut-être à cause de nos tenues différentes des autres ? La salle était magnifique, nous nous sommes sentis très fiers et honorés.
Mais nous étions aussi très stressés non pas à cause du nombre de journalistes mais des statues de grands écrivains français qui semblaient pointer leur regard vers nous !!! Devant la Secrétaire perpétuelle de cette illustre Académie, Mme Hélène Carrère d’Encausse, le Ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, M. Luc Chatel, et le Président de l’Institut français, opérateur du ministère des Affaires étrangères et européennes pour l’action extérieure de la France, M. Xavier Darcos, nous sommes appelés au pupitre.
Tremblant comme deux feuilles, nous avons présenté notre projet en l’illustrant avec des images des merveilles de notre pays. À un mètre du pupitre, ces grandes personnalités de France nous écoutaient. Nous nous sommes sentis tout petits, et nos jambes tremblaient tout seuls ! Selon moi, cette présentation est la meilleure que j’aie jamais faite de ma vie.
Après la présentation de notre projet, Mme Anne-Marie Descôtes, la directrice de l’AEFE, nous a remis les prix du concours.

Remise des certificats par Mme Anne-Marie Descôtes, directrice de l’AEFE

Lors du cocktail Mme Bilavarn, notre professeur d’origine espagnole, a rencontré des académiciens de cette nationalité. Pendant qu’ils discutaient, nous avons reçu de nombreux compliments sur nos costumes traditionnels qui intéressaient les Français, tout comme la diversité ethnique du Laos et notre présentation sur les dix mots de la francophonie. Une femme que nous ne connaissions pas est venue s’entretenir avec nous. Elle semblait particulièrement intriguée par le sinh, et souhaitait savoir en quelle matière cette jupe traditionnelle laotienne était fabriquée. Je lui ai répondu avec fierté que c’était de la soie naturelle. Nous étions touchés de tout cet intérêt pour la culture laotienne.
Par contre, au cocktail nous n’avons même pas eu le droit de goûter le champagne !!! Dommage !!!! A la place, nous avons pris du jus de pamplemousse, mais qui était trop acide !
La journée s’est terminée avec la très excitante descente de la Seine en bateau-mouche, pendant laquelle nous étions complètement endormis après une longue marche à pied !!!

“Mr and Mrs Smith” à Paris

Troisième jour, vendredi 20 mai


Nous nous sommes levés très tôt pour prendre le métro afin de nous rendre au Musée des Arts Premiers qui se situe au quai Branly. Nous avons vu d’effrayants masques africains, ils ressemblaient à Nicolas quand il râle ! Dans la salle des costumes traditionnels asiatiques, nous avons été fascinés par ces magnifiques tenues, mais je me suis surtout sentie soulagée de ne pas être en costume traditionnel. Sinon les gardes auraient peut-être pensé que j’avais volé un des costumes exposés… Nous avons vu une exposition sur le peuple Dogon, leurs masques mesuraient jusqu’à trois mètres de haut, à se demander comment les hommes faisaient pour les porter. Après notre visite, nous sommes allés déjeuner au restaurant du musée et on a découvert « la poire belle Hélène», un dessert délicieux ! Puis nous somme partis pour la tour Eiffel où nous avons fait au moins une bonne demi heure de queue pour avoir nos tickets. Nous avons pris l’ascenseur. Quelle aventure pour arriver au sommet ! Mais elle en valait la peine car la vue d’en haut était saisissante et impressionnante. Au sommet, le vent soufflait fort et comme par hasard, Nicolas avait oublié son pull donc il était tout gelé ! Toute la journée, comme nous n’avons pas arrêté de nous chamailler, notre professeur nous a traité de vieux couple !
Quatrième jour, vendredi 21 mai :
Le soleil était déjà levé depuis longtemps quand Mme Bilavarn est venue me réveiller, j’étais donc en pyjama au petit déjeuner. Nicolas s’est beaucoup moqué de moi. Mais que faire à part accepter ses taquineries ?
Sur la route de l’aéroport, à mi-chemin, Nicolas, encore dans la lune, s’est tout à coup rendu compte qu’il avait oublié l’élément le plus important dans toutes ses affaires, son COSTUME. Nous devions donc retourner au CIEP pour aller le chercher. À qui pensait-il quand il a fait sa valise ?
Vu qu’il était responsable de cet aller-retour inutile au CIEP, Nicolas a dû nous payer à boire, à Mme Bilavrn et moi, une fois à l’aéroport. À peine installés dans l’avion, nous nous sommes très vite endormis, surtout Nicolas qui a dormi comme un bébé !!!! Lorsque nous avons atterri à Vientiane, nos parents nous attendaient déjà à l’aéroport.
Grâce à ce voyage, nous connaissons mieux notre professeur de Français et nous avons eu le privilège d’aller à l’Académie Française pour représenter à la fois notre classe, notre lycée et notre pays ! Quel dommage que ce voyage ait été si court ! De plus, un brevet blanc nous attendait le lendemain. Pour toutes ces raisons, nous ne voulions pas revenir !

Nicolas Viretto et Vithida Chanthaphasouk, 3ème
avec l’aide de Malyphone de Peyrelongue 4ème A.
Photos : Mme Andrée Bilavarn.

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