Rencontre avec Shan Sa, un écrivain entre deux cultures

Biographie et présentation

Shan Sa

Le 12 octobre 2011, la classe de Littérature et Société de Seconde a rencontré un écrivain de renom : Shan Sa. C’est un écrivain français d’origine chinoise, dont le prénom veut dire « bruissement de vent dans la montagne ». Elle est arrivée en France en 1990. Mais Shan Sa connaissait déjà bien ce pays ; elle la connaissait à travers son père, qui allait souvent en France pour enseigner la littérature chinoise, et lui rapportait des objets, figurines, photos. Elle connaissait aussi la culture de la France à travers des fréquentations francophones de son père. Pour c’est le pays de la culture, de la poésie.

Débuts en tant qu’écrivain

Notre écrivaine a commencé à écrire dès son plus jeune âge. En effet, elle rédige des poèmes et aussi des contes, en chinois, mettant en scène des animaux et des histoires fantastiques dans une ambiance chinoise: Shan Sa voulait écrire des histoires où « l’on pouvait rire ». Nous pouvons déceler une inspiration venant de Jean de la Fontaine témoignant de sa passion pour la France. Preuve de son habileté dans l’écriture, elle est récompensée par le premier prix du concours national de poésie des enfants, à l’âge de douze ans. Ses poèmes et autres contes, sont influencés par une éducation moraliste qu’elle a reçue en Chine.
Son déménagement vers la France lui ouvre les portes de la façon d’écrire « occidentale » ; en effet Shan Sa trouve que le plaisir d’écrire est beaucoup plus présent lorsqu’elle écrit en français (facilité d’écriture comparée aux caractères chinois). Ce changement de langue sera sans doute un tremplin vers son actuel métier, ou devrions-nous dire, sa passion.

L’apprentissage du français : un choix

La classe de Littérature & Société

Shan Sa a commencé son apprentissage du français à l’âge de seize ans, en Terminale dans son lycée de Pékin. En outre, Shan Sa a suivi six mois de cours intensifs avant de déménager à Paris en 1990. La raison de son départ de Chine est la fermeture des écoles, une éducation insuffisamment approfondie et des conflits politiques internes au pays ; son expatriation a aussi été motivée par le massacre des étudiants sur la place Tiananmen.
En France, Shan Sa avait une à deux heures d’enseignement du français par jour, ce qui lui a permis de devenir bilingue très rapidement. Elle suivait également des cours de philosophie française dans une université et des enseignements d’histoire de l’art à l’école du Louvre.

L’influence de la littérature et comment elle est perçue

Shan Sa pense que quand on écrit, il faut être spontané et ne pas prendre de modèle, ni être dirigé par un professeur. L’écriture doit venir de soi-même ; mais surtout quand on commence à écrire, il faut avoir une expérience préalable de lecteur, avoir l’envie, mais aussi une certaine sensibilité d’écriture. Elle définit l’écriture comme « un art qui regroupe toutes les sensibilités de la vie ».
Pour elle, les idées partagées dans les textes d’un auteur sont toujours conditionnées par le sentiment du lecteur futur. Automatiquement, le cerveau dit « il y a des gens qui vont me lire, je ne peux pas dire n’importe quoi ». Aussi Shan Sa préfère-t-elle garder ses manuscrits secrets jusqu’au jour où elle a enfin terminé son œuvre, elle refuse aussi qu’on la corrige, elle réécrit elle-même. Cette écrivaine met ainsi environ deux ans pour terminer un livre.
Elle publie son premier livre en français à l’âge de 25 ans La Porte de la Paix Céleste, mais cette fois-ci elle l’écrira en très peu de temps, en moins de six mois.
Avant de se lancer dans la littérature, Shan Sa voulait devenir archéologue, et même si elle est devenue auteur, elle trouve que c’est très semblable. Elle explique cela par la recherche, car écrire c’est reconstituer un monde perdu, donc fouiller, tout comme un archéologue

Bibliographie et sentiment

Œuvres & lecteurs

Shan Sa a écrit sept romans en langue française : La Porte de la Paix Céleste, Les quatre vies du saule, La Joueuse de Go, Impératrice, Les conspirateurs, Alexandre et Alestria et la Cithrare nue. Parmi ces romans, trois ont remporté des prix comme le prix Goncourt du premier roman, le prix Cazes-Brasserie Lipp, le Goncourt des Lycées et le prix Kiriyama de fiction.
Lors de son intervention, Shan Sa nous a lu un passage de son roman le plus connu, la Joueuse de Go. Dans ce passage, deux militants chinois parlaient de l’occupation japonaise et de leur peur de ces envahisseurs. Elle avait l’air émue lors de sa lecture. Elle se rappelait sans doute sa vie à Pékin lors de ces conflits politiques.
La rencontre se termine comme cela, sur cette touche d’émotion, qui fait sans doute la réussite de ses romans.

Camille Schoeb, Elijah Abecassis, Baptiste Chéry
LFI Victor Segalen – classe de Seconde

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